L’exploration de l’impression textile sur des fibres innovantes séduit un nombre croissant de créateurs. Le chanvre, le lyocell et le rPET offrent de véritables atouts, tant sur le plan écologique qu’esthétique. Mais dès qu’on sort du coton classique, les habitudes changent vite pour la personnalisation textile.
Pour exploiter pleinement ces matières originales, comprendre les subtilités techniques de l’impression numérique (DTG) ou par transfert (DTF) s’impose. Un réglage d’impression précis fait toute la différence, et ce, que l’on utilise une imprimante textile haut de gamme ou une configuration classique avec presse à chaud.
Sans ces ajustements, le rendu peut vite devenir décevant, même avec un bon visuel.
Explorons ensemble tout ce qu’il faut savoir pour réussir chaque motif sur ces supports singuliers.
Pourquoi choisir le chanvre, le lyocell et le rPET pour l’impression textile ?
Le secteur de la personalisation textile s’oriente rapidement vers une plus grande durabilité. Désormais, les tissus traditionnels comme le coton partagent la scène avec des matières telles que le chanvre, le lyocell et le rPET.
Ce n’est plus seulement une tendance : c’est devenu un vrai choix de production pour beaucoup de marques. Chacune présente des propriétés spécifiques qui élargissent le champ des possibles, autant pour les professionnels que pour les projets créatifs en atelier.
En choisissant ces textiles alternatifs, vous pourrez répondre à la demande croissante pour des solutions moins énergivores et plus respectueuses de l’environnement. Chaque fibre offre un profil unique : toucher, absorption, résistance et rendu après impression varient selon le support sélectionné.

Et c’est justement cette diversité qui rend le travail intéressant… mais aussi un peu plus exigeant.
Comprendre les défis des matériaux alternatifs avant de se lancer dans l’impression d’un textile
Passer du coton au chanvre, lyocell ou rPET n’a rien d’automatique. La composition chimique et la structure de ces fibres influencent directement le comportement à l’encrage, la vivacité des couleurs ainsi que la tenue au lavage.
Autrement dit, ce qui fonctionne parfaitement sur coton ne donnera pas forcément le même résultat ici. Pour garantir la qualité, nous vous conseillons d’adapter précisément les réglages d’impression DTG et DTF.
L’impression textile sur ces supports exige en effet une préparation minutieuse. Entre la sélection des encres, le taux d’humidité, les températures de séchage ou encore la pression appliquée avec la presse à chaud, chaque étape requiert une attention particulière afin d’éviter les défauts fréquents : migration des couleurs, manque de netteté ou mauvaise fixation des visuels.
Ce sont souvent des petits écarts de réglage qui font la différence entre un rendu moyen et un rendu vraiment propre.
Les bases techniques pour imprimer en DTG sur chanvre, lyocell et rPET
L’impression directe sur textile (DTG) a connu de belles évolutions récemment. Pourtant, chaque fibre réagit différemment à la pose de l’encre. Obtenir un résultat optimal dépend d’ajustements précis, adaptés à chaque matériau traité. C’est là que l’expérience joue beaucoup : on apprend vite à “lire” le comportement du tissu.
Adopter ces bonnes pratiques permet d’améliorer l’homogénéité du rendu, la saturation colorimétrique ainsi que la robustesse lors des lavages. Passons en revue les points clés pour obtenir un résultat irréprochable sur ces supports particuliers.
Pour exemple à La Manufacture : Nous avons eu il y a quelques temps déjà, un surprise sur des t-shirts personnalisés en coloris « Natural Raw » de la marque Stanley-Stella. Ce coloris est en fait totalement naturel, car il s’agit de coton brut et non traité. On le reconnait d’ailleurs grâce à sa couleur beige laissant apparaitre les fibres du coton naturel. Le fait qu’il n’ait subi aucun traitement rend son impression plus technique qu’un t-shirt classique blanc par exemple. Il faut donc adapter le prétraitement du textile avant impression.
Quels prétraitements privilégier selon la fibre ?
La réussite passe d’abord par un bon prétraitement. Sur le chanvre, appliquer un traitement légèrement plus abondant que sur le coton favorise une accroche optimale et durable. Le tissu étant plus texturé, il demande un peu plus de matière pour fixer correctement l’encre.
Pour le lyocell, l’équilibre est délicat : trop de prétraitement donne un effet “carton”, tandis qu’une quantité insuffisante atténue l’éclat des couleurs. C’est typiquement le genre de réglage qui demande quelques tests avant d’être bien maîtrisé.
Le rPET nécessite généralement un spray antistatique préalable et un prétraitement compatible polyester, essentiel pour maintenir des détails fins sans bavure. A propos de ce matériau, allez jeter un oeil à notre article à propos du Polyester, la référence du textile : avantages, inconvénients et spécificités.
Contrôler le poids, appliquer et uniformiser l’application sont deux étapes incontournables pour un résultat professionnel. Une application irrégulière se verra immédiatement à l’impression.
Paramètres d’impression sur une imprimante textile DTG
La gestion du passage de tête, la quantité d’encre projetée et la résolution doivent être surveillées attentivement. Sur le chanvre, réduire légèrement la vitesse d’impression améliore la pénétration de l’encre dans les reliefs naturels, évitant alors l’aspect “piqué”.

Le lyocell absorbe très vite : nous vous recommandons de limiter le débit pour prévenir la formation de halos autour des motifs. C’est un matériau agréable, mais assez exigeant sur ce point.
Pour le rPET, nous vous encourageons à appliquer plusieurs couches fines plutôt qu’un seul passage épais. Cette technique compense la tendance du polyester recyclé à repousser l’encre.
Certains modèles récents d’imprimante textile proposent même un mode dédié au polyester, ce qui facilite le réglage de l’utilisation des blancs et l’intensité des couleurs foncées.
Optimiser l’impression textile DTF sur chanvre, lyocell et rPET
La technologie DTF, qui consiste à imprimer d’abord sur un film de transfert puis à déposer le motif sur le textile via une presse à chaud, connaît un vrai succès grâce à sa polyvalence. C’est souvent la technique vers laquelle on se tourne quand on travaille sur plusieurs types de textiles sans vouloir multiplier les contraintes. On l’appelle souvent « l’évolution du flocage » car on parle toujours de transfert, mais d’une manière bien plus qualitative.
Imprimer sur chanvre, lyocell ou rPET avec cette méthode apporte un confort d’adaptation, mais implique un calibrage rigoureux à chaque étape. Cette approche permet un contrôle quasi total sur le résultat final, à condition de maîtriser la température, le temps de transfert et la compatibilité entre colle, encre et fibre ciblée.
Là encore, tout se joue dans les réglages : une bonne base technique fait gagner énormément de temps ensuite.
Quelques paramètres bien ajustés suffisent souvent à faire la différence, notamment pour préserver la souplesse du tissu, éviter « l’effet plastifié » et assurer la durabilité des couleurs après lavage.
Quelle température choisir selon la matière lors du pressage ?
Sur du chanvre, une température de 155 à 165°C assure une bonne adhérence sans altérer la texture naturelle. Pour le lyocell, viser 140 à 150°C limite les risques de jaunissement ou de durcissement.
Le rPET tolère bien la chaleur, mais pensez à rester sous 170°C pour éviter toute déformation, surtout en présence de polyester vierge. Mais même si ces plages fonctionnent bien dans la majorité des cas, un test rapide reste toujours une bonne sécurité avant lancement de la production.
Un temps de pose de 12 secondes fractionné en deux fois (2x6sec) fonctionne bien pour ces matières. Nous vous conseillons de tester quelques vêtements témoins, car chaque lot de tissu possède ses spécificités et peut réagir différemment aux mêmes paramètres. Deux rouleaux d’un même fournisseur peuvent parfois réagir différemment, donc mieux vaut anticiper.
Pression, feuille de protection et refroidissement : points d’attention
La pression appliquée sous la presse joue un rôle clé dans le rendu final. Sur le chanvre, une pression modérée préserve l’élasticité et la main douce du tissu.

Une feuille de protection type papier siliconé aide à conserver la netteté des bords du motif. Avec le lyocell, utiliser une feuille anti-adhésive évite toute brillance due à la chaleur. Ce sont des détails simples, mais qui évitent pas mal de mauvaises surprises.
Le rPET apprécie un refroidissement rapide après le transfert : cela fixe solidement la couleur et limite le risque de migration d’humidité résiduelle.
Retirer le film de transfert lorsque le tissu est encore tiède permet aussi d’obtenir un aspect moins “plastifié”, souvent recherché par les créateurs exigeants. C’est un petit ajustement, mais visuellement la différence est nette.
Conseils pratiques pour réussir ses impressions sur chanvre, lyocell et rPET
Au-delà de la technique pure, adopter certaines habitudes sécurise la chaîne de production. Adapter la gestion du flux de travail, anticiper l’entretien de son imprimante textile et détecter rapidement les soucis récurrents contribuent largement à la réussite, surtout lors de montées en volume.
Avec ces matières, la régularité devient aussi importante que le réglage initial.
Les professionnels investissent souvent dans des accessoires complémentaires : tapis de fixation ajustables, systèmes de ventilation optimisés ou logiciels de calibration dédiés aux supports spécifiques. Miser sur ces outils stabilise les rendus et facilite la répétabilité d’un tirage à l’autre. On gagne surtout en constance, ce qui est clé dès qu’on enchaîne les productions.
Pensez à :
- Bien stocker chaque matière pour éviter humidité ou dessèchement avant impression,
- Vérifier régulièrement l’état des buses et leur alignement, en particulier avec les encres blanches,
- Planifier des journées de tests comparatifs à chaque nouvelle bobine ou rouleau ouvert,
- Former les équipes sur le nettoyage adapté des presses à chaud et plateaux chauffants.
Ces réflexes paraissent basiques, mais ils évitent la majorité des défauts en production.
Focus matériel : choisir et régler son équipement pour imprimer sur ces supports
Travailler sur chanvre, lyocell ou rPET amène parfois à revoir sa configuration matérielle. Même une imprimante textile universelle nécessite des paramétrages adaptés selon le support utilisé. Les nouveaux modèles, comme l’Epson SC-F1000, proposent désormais des profils dédiés aux “matières alternatives” pour simplifier la prise en main. Mais ils restent à observer au cas par cas.
Gardez à l’esprit que disposer d’une presse à chaud fiable, dotée d’un contrôle précis de la température et de la pression, devient indispensable dès lors que les projets impliquent des transferts multiples.
Pour vos projets de personnalisation textiles ou autres accessoires personnalisés à La Manufacture nous avons la chance d’être accompagnés par notre partenaire ManuTech Print qui est spécialisé dans la vente de machines et consommables d’impression et marquages. Donc de l’imprimante au stabilisateur, nous avons la chance de bénéficier du meilleur matériel et des meilleurs réglages.
Pensez aussi à noter les réglages idéaux pour chaque référence de tissu, car cela facilite la gestion en atelier et évite les oublis lors des productions en série. C’est souvent ce qui fait gagner du temps sur le long terme.
Nous vous conseillons en tout cas de :
- Utiliser des thermomètres infrarouges pour contrôler la stabilité de chauffe,
- Entretenir filtres et réservoirs d’encres pigmentaires adaptées régulièrement,
- Investir dans des plateaux interchangeables pour varier facilement tailles et formats.
Anticiper la réaction des clients face aux textiles alternatifs
Les consommateurs attendent aujourd’hui un engagement réel vers des produits écologiques, mais ils restent sensibles à la qualité perçue et au confort. Un textile “responsable” ne suffit pas si le rendu ne suit pas. Informer vos clients des éventuelles variations de rendu selon la fibre contribue à renforcer la confiance dans votre démarche responsable.
Inclure dans vos argumentaires les avantages du chanvre, la douceur du lyocell ou l’aspect recyclé unique du rPET peut également faire la différence auprès d’un public attaché à l’éthique et à la créativité.
Plus l’explication est claire, plus le produit est perçu comme maîtrisé. Nous vous invitons de même à expliquer clairement les étapes de fabrication et les critères de choix des réglages d’impression. Cela valorise votre expertise métier. Et ça, c’est souvent ce qui rassure le plus sur ce type de produits.
















